vendredi 27 mars 2009

NOS TACHES INACHEVEES

ou un prétexte emblématique à la procrastination : la comptabilité

Le Magazine Nouvelles Clés publie dans son numéro de Décembre-Janvier-Février 2009 un long article de Patrick van EERSEL "En finir avec nos tâches inachevées" ; sous titré "Faites-vous partie de ceux qui accumulent des montagnes de trucs pas finis et de machins qui traînent ?"
Nous accumulons des montagnes de trucs pas finis et de machins qui traînent dans nos vies privées mais aussi dans nos entreprises et la comptabilité est un terrain d'exploration formidable pour étudier ce sujet.
Chez nous dans nos toutes petites entreprises, le facteur apporte chaque matin son lot de papiers à trier.
La boite de nos courriels s'invite et s'ajoute à la masse de documents à vérifier, trier, jeter.
Factures, journaux, bordereaux de la banque, magazines, publicités, invitations, devis acceptés (chic, ceux là sont les bienvenus)!
Alors, on jette et on entasse.
Puis dans la journée, on émet des devis, des factures, des règlements.
Ce midi, je suis allée déjeuner avec un client : facture et récépissé de carte bancaire que j'ai glissé dans mon portefeuille.
Ce soir, c'est la réunion exceptionnelle de mon réseau XYI : facturette et récépissé de carte bancaire que j'ai glissé dans mon portefeuille. Il est bien gonflé, il va falloir que je songe à le vider : enveloppe : les facturettes changent de lieu de stockage et agrandissent la pile.
Juillet : cela fait 6 mois que l'année a débutée et je n'ai enregistré aucune ligne de comptabilité : tous les documents s'entassent dans une grosse chemise en carton fort de couleur verte (c'est pour la sérénité), prête à s'écrouler.
Je suis envahi(e) ; je me sens envahi(e) !
Les vacances arrivent, je vais partir l'esprit léger, le sentiment du devoir accompli ou plutôt des dossiers terminés. Heu ! oui, sauf pour cet énorme tas de papier infâme !
- Qu'est-ce que je peux faire ?
- Classe !
- Ah oui ? et c'est tout ?
- C'est la première étape.
- Je classe comment ?
- Par nature : un tas pour les factures de dépenses, un tas pour les factures que tu as émis, un tas pour les relevés bancaires, un tas pour les autres documents envoyés par la banque, un tas pour les déclarations de tva, un tas pour les autres documents des impôts, un tas pour les documents liés à la paye et aux charges sociales.
- Et c'est tout
- Non, bien sûr ! maintenant tu vas prendre chaque tas et le classer par ordre chronologique, les documents les plus anciens d'abord et les plus récents au dessus.
- Et puis ?
- Tu peux vérifier que à chaque ligne qui apparaît sur le relevé de banque correspond une facture … et cocher.
- C'est long !
- Pas tant que ça et c'est encore plus long si tu ne le fais pas !
- Et maintenant ?
- Tu peux commencer à comptabiliser
- Ah oui, maintenant que c'est classé, j'ai un peu plus envie de le faire ! Et je me sens moins embrouillé(e), en fait, je suis rassuré(e) car je justifie toutes mes dépenses, et puis avec les différentes pochettes que j'ai créées et sur lesquelles j'ai posée des étiquettes, je sais où retrouver mes documents si on me demande quelque chose. Alors je peux oublier ces documents et me vider la tête ! Mais est-ce que ce n'est pas le travail de mon comptable ?
- Tu peux lui demander de le faire, bien sûr, mais tu as vu, c'est un vrai travail, un travail utile, donc ce n'est pas gratuit. En plus c'est la vie de l'entreprise tous ces papiers, donc tu es la personne la plus apte à faire ce classement.
- Comment je peux éviter cette grande messe du classement ?
- A ton avis ?
- Le faire tous les jours ?
- Tous les jours, c'est possible, bien sûr, cela dépend de ton organisation personnelle. Tous les mois, c'est bien, toutes les semaines me paraît idéal, en à peine 2 heures, tout sera impeccable : le principal est de créer une routine.
- Ça ne s'arrête jamais !
- Si dans notre cas, il y a une date butoir, une date pour achever la tâche : l'arrêté des comptes de l'année et l'envoi à l'administration fiscale de tes comptes et de l'impôt.
- Et l'année nouvelle reprend, c'est une nouvelle histoire.

à bientôt !
© véronique mascré

mercredi 4 février 2009

DANS QUEL MONDE VIVONS NOUS ?

Le monde de l'entreprise, ou plus largement de l'activité économique, dont les journaux nous parlent, demande, à mon avis, à être précisé, dans ses dimensions.
Toutes ces grandes entreprises (qui licencient à tour de bras mais embauchent aussi quelque fois, qui perdent quelque fois beaucoup d'argent, qui en gagnent aussi et qui investissent!) nous impressionnent.
Alors les toutes petites et minuscules, les très petites entreprises, dans tout ça, existent-elles ? Celles dont on (quand j'écris "on", je pense au banquier, mais il y en a d'autres) ne veut pas forcément s'occuper car c'est peu rentable.
Petites, petites, petites … existent-elles ces petites entreprises ?
Je me pose une question très simple : de qui parlons nous quand nous parlons des TPE ? et au delà combien y a-t-il d'entreprises en France ? Pardon pour la batterie de chiffres qui suit mais cela est assez parlant.

Il y a environ 3 millions d'entreprises en France si l'on inclue les exploitations agricoles.
On parle toujours des entreprises et des chefs d'entreprises que l'on imagine avec une armée de collaborateurs derrière eux. Or, ceux pour qui cette armée est constituée de plus de 10 personnes, sont au nombre de 180 000 (à peine) ; et les entreprises de plus de 250 personnes sont au nombre de 5 000 !, vous avez bien lu : cinq mille ! (sur 3 millions). Etonnant, n'est ce pas ?
La répartition des entreprises, selon le nombre de salariés, sans le secteur agricole, se présente de la manière suivante :
Le nombre des entreprises avec 0 salariés s'élève à 1 530 111 (58.45%)
Le nombre des entreprises avec 1 à 9 salariés s'élève à 908 182
Les entreprises de 0 à 9 salariés sont au nombre de 2 438 293 soit 93.14%
Le nombre des entreprises avec 10 à 49 salariés s'élève à 151 010
Le nombre des entreprises avec 50 à 99 salariés s'élève à 15 054
Le nombre des entreprises avec 100 à 249 salariés s'élève à 8 604
Les entreprises de 10 à 249 salariés sont au nombre de 174 668 soit 6 .67%
Le nombre des entreprises avec plus de 250 salariés s'élève à 4 907 soit 0.196%
Le nombre total d'entreprise s'élève à 2 617 868 (source INSEE 2006)
Les agriculteurs sont entre 400 et 500 000 aujourd'hui.

J'insiste : les entreprises de moins de 10 personnes représentent 93% du tissu économique !
Alors ? les petites entreprises ?

Regardons maintenant combien sont ceux qui travaillent et ne sont pas chef d'entreprise ?
En France la population active est composée de 28 160 000 personnes. (236 Millions pour l'ensemble de l'Europe).
2 300 000 personnes ne sont pas salariées,
23 000 000 sont salariées. Environ 2 500 000 personnes sont sans emploi (Source : Insee, séries longues sur le marché du travail).
15 500 000 personnes travaillent dans le secteur privé et 7 350 000 dans le secteur public (sources INSEE).
Dans le secteur privé, les employés des grandes entreprises sont au nombre d'environ 8 millions.
7.5 millions de salariés sont donc employés par les 1 083 000 PME (entreprises de 1 à 249 personnes).
Alors ? les petites entreprises ?

Les salariés se répartissent, donc, en gros, pour 1/3 dans les grandes entreprises, 1/3 dans le secteur public et 1/3 dans les TPE/PME.

Alors ? petites ! les petites entreprises ?

3 modes de management différents, 3 états d'esprit différents, 3 problématiques différentes mais des liens, des interactions et des complémentarités évidentes ! Il est nécessairement vital de grandir, alors, créez, comptez, gérez, pilotez, développez, et plus encore, échangez !!

à bientôt,

véronique

© véronique mascré

Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d'un lion
Un rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était et lui donna la vie .
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un lion d'un rat eût affaire ?
Cependant il advint qu'au sortir des forêts
Ce lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.
Jean de la Fontaine - Le Lion et le Rat - Livre II - Fable 11

NB1 : difficile d'avoir des statistiques récentes à jour, je reprendrai ce texte courant 2009 en remettant ces chiffres à jour, le plus possible.
NB2 : tous ces chiffres se lisent avec la mention "environ". Pardon si vous aimez les sciences exactes. Mon ambition, ici, est de donner et d'avoir en tête des ordres de grandeur. La rigueur voudrait que chaque mot soit accompagné de sa définition précise dans le contexte. J'ai préféré une note concise et synthétique de 2 pages.

dimanche 11 janvier 2009

Classement

André A. m'appelle de la part de son ami Jean, avocat. André veut créer une société, un laboratoire, collatéral à son activité principale. Ce laboratoire sera managé par son fils, Julien, 21 ans, en 2ème année dans une école de commerce. L'idée d'André, sa vraie motivation, est d'offrir à son fils, un vrai champ d'expériences terrain, à la fois, riche et simple à mettre en œuvre.
Le montage juridique de la société est donc préparé par Jean. Et Julien commence à gérer la Sarl Filsàpapa.
Julien achète les matériaux nécessaires qui sont assemblées par 2 laborantins spécialisés et installés dans des locaux loués pour l'occasion. Julien commercialise les produits finis sur un marché de niche et très captif.
André me demande de préparer la comptabilité et de suivre les obligations fiscales et sociales.
Julien me transmet régulièrement les documents (factures et documents administratifs divers habituels). La comptabilité est à jour et justifiée par rapport aux documents transmis, les premiers documents obligatoires sont signés et envoyés à l'administration fiscale dans les délais.
Une année passe, puis une deuxième. Julien est reçu à ses examens et ressort diplômé de son école de commerce. Je suis contente de son succès, il mérite d'être félicité.
La société se développe presque toute seule, le nombre de facture est de plus en plus important.
Et puis … la communication devient de plus en plus difficile. Julien a d'autres centres d'intérêts, visiblement, et ces commandes qui arrivent toutes seules ne l'amusent plus.
Et puis, je constate que les déclarations sociales ne sont pas payées, voir … n'ont pas été envoyées ! Les réclamations administratives se multiplient…
Les documents tardent, coups de fils, courriers, puis courriers recommandés n'inquiètent pas notre entrepreneur, toujours en herbe. Il faut dire que la folie Internet pointe le bout de son nez en ces années 1995 et pour un jeune homme de 22 ans, cela est d'un formidable attrait.
Mais revenons à notre Sarl Filsàpapa … qui souffre ! au moins administrativement.
Je continue néanmoins à réclamer les documents, à classer les justificatifs des recettes et des dépenses, à comptabiliser les opérations, à établir les déclarations fiscales dans les délais : je réclame les documents très longtemps à l'avance, je réitère mes demandes et au bout de longues semaines, par une mystérieuse alchimie, les documents arrivent par la poste. Julien est devenu invisible ! et injoignable ! Les déclarations demandées par l'administration fiscale lui sont envoyées pour signature mais ne seront jamais envoyées à leur destinataire final bien entendu …
Arrive le courrier tant attendu … J'ai l'honneur de me présenter … ce lundi 14 septembre pour vérifier votre comptabilité …
Le contrôle fiscal aura lieu dans mes locaux au cabinet.
Je mets à la disposition de l'inspecteur tous les documents de l'entreprise soigneusement classés par année et par nature dans leurs boîtes étiquetées et les listings comptables.
Julien a daigné se déplacer… tout de même ! Mais il ne comprend pas très bien les liens entre la vie économique et l'administration fiscale. Il est dans sa bulle, sa jolie bulle internet, nous sommes à la fin des années 1990.
L'inspecteur arrive avec un grand sourire. Une jeune femme sympathique dans la petite cinquantaine, visiblement gentille et pleine d'humanité et qui ne se départira jamais de cette attitude, tout au long des 4 semaines quelle passera avec nous.
Cette première visite est rapide, elle prend connaissance du dossier : nous lui expliquons le métier de l'entreprise et nous lui indiquons les documents préparés.
Nous convenons d'un premier planning de rendez-vous, elle viendra en tout une dizaine de fois.
Au fur et à mesure de ces interventions, elle me fait part de son étonnement devant cette comptabilité en ordre, ces comptes justifiés par les documents qu'elle retrouve facilement.
Aucun redressement n'est pratiqué : c'est-à-dire qu'elle n'a trouvé aucun motif de correction des sommes déclarées.
Par contre, Julien devra payer les amendes requises pour les dépôts tardifs des documents fiscaux.
NB : cette histoire date de presque 10 ans, aujourd'hui Internet est passé par là et les déclarations sont très souvent envoyées électroniquement par le cabinet d'expertise comptable, avec un mandat (accord écrit) du client.

Morale de l'histoire :
La base de la comptabilité, c'est … le classement : une bonne comptabilité est sous-tendue par un bon classement des factures et autres documents qui justifient les lignes inscrites dans cette comptabilité.
Classer quelque chose est très subjectif : des papiers entassés dans une boîte font office pour certains de classement : ce n'est pas suffisant.
Classer les documents d'une entreprise, c'est repérer les rouages administratifs principaux et ouvrir autant de boîtes.
C'est aussi repérer ce qui reste vivant, encore actif (une facture envoyée à un client, facture qu'il ne vous a toujours pas payée, une déclaration à établir, etc …).
C'est différencier ce qui a été traité et ne doit plus rester là que pour la mémoire.
Deux repères simples : les documents comptables doivent être conservés pendant 10 ans, les documents qui ont trait au personnel et notamment à la paye doivent être conservés durant toute la vie de l'entreprise.
A vos classeurs, pochettes, chemises et étiquettes !
Nb : cette histoire est vraie, les noms, objet social ou autre moyen d'identification ont été modifiés.

mercredi 31 décembre 2008

Comment s'imaginer entrepreneur ?

Bonjour !
Je veux créer mon entreprise mais ….ça me fait peur !
Je veux changer de vie mais ………..
La question ?
- Comment s'imaginer entrepreneur ?
La réponse ?
- En rêvant ! Se rêver entrepreneur ! C'est la clé !
A la source d’une entreprise, il y a toujours un rêve, une vision ou une révolte :
- Bill Gates voulait un ordinateur dans chaque foyer.
- Edison, de la lumière.
- Véronique (c'est moi, dans une autre vie) voulait emmener tout un chacun sur la trace de ses ancêtres avec son entreprise Memotour.

Se lancer dans la création d'entreprise est un voyage. Or, plus un voyage est préparé, plus grande est la probabilité de le réussir. Une entreprise aura d'autant plus de chance de réussir que la préparation en aura été approfondie. Vos repères changent, vos motivations changent, vos liens aux autres changent. Aussi, avant de rêver et pour vous permettre de rêver, Je souhaite vous apporter ici quelques clés pour que vous vous imaginiez en créateur d'entreprise, puis en entrepreneur.

1 - Vos points de repères changent :
Quand vous devenez entrepreneur tous vos points de repères changent.
Etre entrepreneur : qu'est ce que c'est ? Être entrepreneur, c'est projeter, décider et agir.
Etre entrepreneur, c'est l'action d'entre-prendre : c'est prendre "entre" ; c'est prendre à bras le corps.

Vous êtes votre propre patron, directeur ou chef. Vous n'avez plus de contrat de travail avec les avantages et les contraintes qui y sont liés : le lien de subordination qui vous liait à votre employeur n'existe plus.
Vous n'avez à vous en prendre qu'à vous-même. Vous n'avez plus d'horaire à respecter. Vous pouvez envisager de travailler chez vous.
Vous n'avez personne pour vous fixer des objectifs. Vous n'avez d'objectif que ceux que vous voulez bien vous fixer.
Certains travaillent seul, et vous serez seul devant les décisions à prendre.
Vous n'avez de rémunération que celle que vous voulez bien vous accorder, ou que le niveau de votre compte en banque vous permettra de vous accorder.
Votre protection sociale est différente : Notamment, vous ne bénéficiez pas de couverture chômage, et d'une couverture retraite beaucoup plus limitée. Mais vous ne cotisez pas non plus pour ces avantages.

2 - Vous avez de nombreux partenaires :
Des clients avec des contrats pour lesquels vous vous êtes engagés et des délais à respecter;
Des fournisseurs vis-à-vis desquels vous serez vigilants et pour lesquels vous vérifierez qu'ils respectent bien ce qui a été prévu au contrat;
Un ou deux banquiers qui s'inquiètent pour vous ou plutôt pour eux même;
des administrations : le centre des impôts et l'URSSAF principalement auprès de qui vous devez régulièrement rendre des comptes, mais qui ne vous informerons pas de ce que vous devez leur transmettre ou leur payer : à vous d'être diligent;
Un conjoint qui s'inquiète de vous voir rentrer tard le soir ou que vous ne rameniez plus assez de sous à la maison : posez vous la question clairement, accepte-t-il de m'accompagner ?
Et vous-même : êtes vous bien sur la ligne que vous vous êtes fixée ?

3 – Vos besoins de base sont-ils assouvis ?
Pour vérifier que vous être sur votre ligne de vie, je vous propose une méthode toute simple mais très riche, pour qui veut bien mener l'interrogation à son terme.
Je vous propose d'examiner votre idée au regard de la pyramide de Maslow. Ou plus exactement de vous examiner, Vous, Vous-même, au regard de cette pyramide. (Tout en haut, 40 siècles vous contemplent, c'est sûr, j'ai testé pour vous!)
La pyramide, que nombre d'entre vous connaissent, a l'aspect suivant :


Accomplissement Personnel
Estime de Soi
Estime des Autres
Amour, Appartenance
Sécurité
Besoins Physiologiques


Quel est le principe de fonctionnement de la pyramide de Maslow :
Tout être humain cherche à combler ses besoins de base, ses besoins physiologiques (manger, dormir, préserver sa santé…) ; une fois ces besoins assouvis, il cherchera à assurer sa sécurité, puis son sentiment d'appartenance, et ainsi de suite.
Je vous propose donc de monter les degrés de cette pyramide au fur et à mesure, au regard de votre projet et ce que vous êtes dans ce projet. Attention, les marches sont de plus en plus hautes au fur et à mesure que l'on grimpe la pyramide !

Les besoins physiologiques et de sécurité
Je vous propose vivement de réaliser un bilan financier et patrimonial sérieux avant de démarrer : le démarrage du projet prend combien de temps ? Ai-je les moyens d'assurer cette période de transition ou quels moyens est-ce que je mets en place pour assurer cette période de transition ?
Si votre maison est payée ou si vous être en train de la payer ou de la louer, la donne est différente.
Si le conjoint dispose de ses propres revenus, la donne est différente.
Si vous avez des enfants et selon l'âge des enfants, les besoins seront encore différents.
Un bilan de santé peut être aussi une démarche constructive.

Les besoins d'amour et d'appartenance
Entrer dans la démarche de création d'entreprise entraîne une modification des cercles habituels : le futur entrepreneur ne retrouve plus ses collègues chaque matin. Nouveau métier, nouveau statut, nouveaux contacts : les liens aux autres changent ; vous êtes vu sous un autre angle.
Un cercle familial et affectif solide est une aide certaine à la réussite.

L'Estime des autres
Les autres (professionnellement s'entend), ce sont les clients et les confrères.
L'estime de ses confrères, vous l'aurez sûrement, vous avez rejoint le groupe, mais vous connaissez la formule : "cette haine vigilante qu'on appelle la confraternité".
L'estime du client, vous l'aurez aussi, tant que tout se passe bien, qu'il renouvelle ses commandes. Jusqu'au jour où avec une mauvaise foi confondante, il refusera de vous payer, et cela est particulièrement vrai pour les prestations de service : bizarrement, il ne se souviendra pas du service rendu, une fois celui-ci exécuté.

L'Estime de soi
Elle sera totale : vous n'allez pas proposer un produit ou une prestation aux autres si vous n'y croyez pas.
Et soyez conscient que avant tout, c'est VOUS que vous vendez !
Faites le point sur vos compétences :
Etes vous un bon commercial, marketeur ou bon communicant ?
Etes vous un bon technicien ?
Etes vous un bon gestionnaire ?
Là où il y a un manque, formez vous ou achetez les compétences nécessaires. Faites appel à un bon professionnel. J'ai dit : un bon ! à qui vous pourrez déléguer certaines tâches et grâce à cette organisation vous vous concentrerez sur le cœur de votre métier.
N'hésitez pas non plus, comme les sportifs de haut niveau à faire appel à un entraîneur, un coach.
Visualiser ou projeter, décider et agir, c'est plus facile quand on est soutenu : on va plus vite et plus loin et plus sûrement.

L'accomplissement personnel

Imaginer enfin votre réussite ! Comment allez vous mesurer que vous restez bien sur votre ligne de vie, sur votre ligne de compétence, sur votre excellence ! Que ce à quoi vous arrivez est bien votre souhait.
Certes il n'y a pas que la création d'entreprise pour atteindre l'accomplissement personnel, seulement comme ce virus va vous prendre 110% de votre temps, autant que ce soit pour la bonne cible, le bon rêve.
L'accomplissement personnel est la libération de vos rêves.

4 – Comment libérez vos rêves ?
Il y a de multiples méthodes : je vous en propose une :
D'aucun l'appelle la stratégie Walt Disney : elle se décompose en 5 points :
La question, le rêve, le réalisme, la critique, le choix.
1 – La question
Dans notre propos, la question est connue : comment s'imaginer en créateur d'entreprise ?
2 – Le rêve
Vous allez partir alors dans un jeu d'imagination débridé, seul ou à plusieurs (c'est mieux). Faites parler vos sens et votre cœur. Les autres sont là pour vous stimuler : "et si tu …", "… mais encore…". Trouvez un maximum de possibilités avec un minimum de 5 solutions dont au moins 2 totalement farfelues : 1, 2, 3, 4, 5
3 – Le réalisme
Il s'agit là de faire passer les idées à l'aune du réalisme
Comment mettre la solution 1 en action ? (puis la 2, la 3, 4, 5)
Qu’est ce qui est nécessaire pour mettre en œuvre cette solution ?
4 – Le critique
Vous allez maintenant critiquer chacune de ces solutions.
Quels sont les inconvénients de cette solution ?
Quels en sont les coûts ?
5 – Le choix
Enfin, choisissez la solution, celle qui vous fait vibrer, réellement vibrer, vous aller vivre de longues années avec cette idée admirable.

C'est ainsi que vous pouvez vous imaginer entrepreneur !

Alors, globalement, quelles recommandations donner à quelqu'un qui envisage la création d'entreprise :
1- faites le point sur vos atouts, votre excellence
2- faites le point sur vos faiblesses, vos insuffisances
3- faites le point sur votre réseau : qui peut m'aider et sur qui puis-je compter
4- repérez les premières sources d'information
5- réfléchissez sur votre projet, longuement
et puis un jour, arrêter de réfléchir !

PLONGEZ dans l'ENTREPRENEURIAT !
© véronique mascré

vendredi 26 décembre 2008

L'Art des listes

Bonjour,
Je fais partie des supporters de Dominique LOREAU ; Vous savez, l'Art de la simplicité (2005), l'Art des listes (2007) et maintenant l'Art de l'Essentiel (2008) (Editions Robert Laffont – Marabout).
Dominique vit au Japon depuis presque 30 ans et puise une partie de son inspiration dans la philosophie ZEN. Tous les passages en italique sont extraits du livre de Dominique Loreau, l'Art des listes.
Dominique nous dit "nous avons tous besoin de listes. Que nous en soyons conscients ou non notre être même est une collection de listes, de par son inévitable appartenance au passé, au présent et au futur".
Je suis non seulement une fan des listes mais je les pratique depuis 30 ans dans ma (très) petite entreprise :
La liste de mes fournisseurs
La liste de ce que je dois à mes fournisseurs
La liste de mes clients
La liste de ce que mes clients me doivent
La liste de ce que me doivent les banques
La liste de ce que je dois à l'Etat
La liste de ce que je dois à la sécurité sociale
La liste de ce dont je dispose dans mes stocks
La liste de mes outils, des mes ordinateurs, logiciels et autres matériels ou véhicules
La liste de mes associés
La liste de mes achats
La liste de mes frais de fonctionnement
La liste des impôts que j'ai payé
La liste des salaires et charges
La liste des prestations que j'ai vendues, en valeur et en quantité.
Ces listes, je les conserve précieusement. Elles m'aident dans mon quotidien.
Elles traduisent l'activité présente, je les compare à mon activité passée, je prépare des listes qui me permettent de rêver mon futur.
Ces listes me racontent mon histoire, elles font partie de moi, de ma (très) petite entreprise.
Pourquoi faire ces listes ? Parce qu'elles permettent d'aborder les faits avec une clarté totale, et de ne pas oublier ses rêves en se laissant envahir par le fourmillement du quotidien.
Par leur concision, leur simplicité et l'immédiateté de leur approche, les listes sont une voie d'accès directe à l'exploration illimitée de notre vie….
D'aucun appelle les listes que j'établis dans le cadre de ma (très) petite entreprise de la comptabilité …
Mes listes passées sont synthétisées dans un bilan et un compte de résultats, mes listes du futur sont synthétisées dans un budget.
Beaucoup de monde s'y intéresse en dehors de moi : le commissaire aux comptes, l'auditeur, le comptable et l'expert-comptable, le contrôleur fiscal, le contrôleur de l'urssaf, et moi-même, 3 ans plus tard quand je veux retrouver une vieille information, et puis j'espère que cela n'arrivera jamais, le procureur de la République.
Faire des listes, nous dit encore Dominique Loreau, c'est comme faire un journal dans un style minimaliste. C'est dans le même registre cette sorte de volonté farouche de comprendre la vie (l'entreprise), vouloir lui donner un sens. C'est essayer de mettre sa vie (l'entreprise) en ordre, lui trouver une logique.
Ma comptabilité, c'est l'histoire de mon entreprise.
Une comptabilité bien tenue se lit comme un roman.

TRESOR et RIE

De la nécessité de budgéter sa trésorerie au quotidien
Voilà mon 2ème rendez-vous avec Michel, mon nouveau client.
Michel a 45 ans et cela fait 5 ans maintenant qu'il a créé son entreprise dans le secteur de l'hygiène. Il intervient de 3 façons chez ses clients : par le conseil, par la formation (de la direction et des équipes) et par les interventions techniques.
Il travaille maintenant avec une équipe de 5 personnes.
Nous nous sommes mis d'accord pour travailler ensemble lors de notre premier rendez-vous, Michel a décrit son métier, ses process, ses contraintes.
Sa secrétaire enregistre les factures envoyées aux clients, les factures des fournisseurs, les encaissements et les règlements.
Je viens faire le point aujourd'hui sur les obligations sociales et fiscales.
Michel est très content. Il me fait part de sa satisfaction car 2 de ses clients l'ont enfin payé et la trésorerie ce 25 septembre se porte bien, dit-il.
- "J'ai besoin d'investir dans une nouvelle machine, qui nous aiderait beaucoup sur les chantiers et nous rendrait beaucoup plus efficaces. Je vais la payer au comptant. Je serai tranquille ! qu'en pensez-vous ?"
- "Vous reste-t-il des factures à encaisser ?"
- "Oui, un peu, mais en grande partie dans 30 jours puis dans 60 jours.
- "Et les salaires à la fin du mois ?
- "C'est environ 12 ou 13000 € pour les 5 salaires
- "Vous devez les payer le 28 ?
- "C'est cela, je suis attentif à ce que les gens disposent de leur salaire le 30 du mois sur leur compte !
- "Nous sommes à la fin du trimestre, donc vous allez devoir payer les charges sociales pour le 15 octobre, si vous me dites que les salaires nets versés s'élèvent à 12 000 € chaque mois, cela veut dire que vous devez verser … voyons, environ 30 000 € à 32 000 €.
- "Ah oui ! c'est vrai !
- "Et les fournisseurs ?
- "Nos charges sont en moyenne de 7 à 8 000 € chaque mois et nous versons aussi le loyer. Nous faisons partir nos règlements le 2, les fournisseurs sont ainsi payés le 3 ou au plus tard le 5.
- "Donc si je récapitule, vous sortez 10 000 €, dirons nous, pour vos fournisseurs, 13 000 € pour les salaires et 32 000 € pour les charges sociales, et la tva, nous n'en avons pas parlé, si je calcule rapidement, il y a là à nouveau 12 000 € à payer.
- "Ah oui ! ça fait un total de combien ?
- "Presque 70 000 € !
- "70 000 € ! alors, je n'ai plus d'argent !
- "Non ! mais vous faites face à toutes vos échéances !
- "Eh bien ! moi qui me croyais riche ! c'est toujours pareil, qu'est ce qu'on rame !
Michel semble un peu vexé, un peu abattu : le poids des charges peut-être ?
- "Michel, avez-vous une vision claire de votre trésorerie pour les mois qui viennent ?
- "Non, c'est le grand flou, et avec toute ces charges qui nous prennent tout, on ne sait jamais où on en est !
- "Si vous disposiez d'un outil qui vous permettent d'y voir un peu plus clair ?
- "Ah bien sûr !
- "Je vous propose que nous mettions ensemble au point quelque chose de très simple
- "Vous allez passer du temps et prendre des honoraires !
- "Certes, je vais passez un peu de temps, mais ce que je vous propose c'est de mettre en route le système puis de vous former ou de former votre secrétaire
- "Dans ce cas … !
- "L'information reste chez vous et elle est immédiate, vous la maîtrisez ! De temps en temps, régulièrement, nous examinerons le tableau ensemble pour en tirer les enseignements
Nous avons donc mis en place un tableau très simple des encaissements et des décaissements pour les semaines à venir jusqu'à la fin de l'année en cours.
Puis une après midi, un mois plus tard, nous avons travaillé ensemble sur le budget de l'année à venir.
Et delà nous avons bâti ensemble le budget de trésorerie des 12 mois à venir.
Une semaine plus tard, Michel m'appelle :
- "Véronique, j'ai transmis nos tableaux au banquier, Il a beaucoup apprécié la clarté des documents et de voir à quels périodes il y avait quelques difficultés mais aussi que globalement l'avenir est positif.
- Il va donc vous aider ?
- Oui, le dialogue est cet fois bien établi ! mais il me demande ce tableau tout les 3 mois maintenant !
- Cela vous ennuie ?
- Oui ! enfin non ! encore une obligation !
- Vous devez tenir ces tableaux à jour en permanence, cela va rentrer dans vos réflexes.
- Oui, je suis d'accord, j'ai déjà pu relancer des clients qui traînaient un peu la patte sur les factures qu'ils me doivent !
- Et la tension diminue !
- Oui je suis mieux, je vois un peu plus clair !